Les trois sénateurs du mouvement UDIL, Jean-Pierre Cantegrit, André Ferrand et Joëlle Garriaud-Maylam, rejoints par les sénateurs UMP Christian Cointat, Christophe André-Frassa, Michel Guerry et Christiane Kammermann, ont cosigné une lettre adressée au Président de la République.
Dans cette lettre, nous appelons le gouvernement à amender son projet d’imposer les résidences secondaires situées en France des non-résidents, de manière à ce que les réformes se concentrent sur l’objectif légitime de lutte contre l’exil fiscal, sans pénaliser injustement l’ensemble de nos compatriotes résidant à l’étranger.
Nous souhaitons souligner le danger que représentent les amalgames vilipendant l’image des Français établis hors de France, qui sont actuellement diffusés avec l’aval de certains parlementaires et ministres : « exit tax » assimilant les expatriés à des exilés fiscaux, imposition des résidences secondaires des non-résidents, proposition de loi d’Yves Nicolin visant à permettre la perte de nationalité pour les citoyens non domiciliés fiscalement en France, propos du député Claude Goasguen remettant en cause la double-nationalité…
Assimiler les Français établis hors de France à des exilés fiscaux serait une grave erreur. La très grande majorité des expatriés le sont soit pour des raisons professionnelles, soit parce qu’ils possèdent une double nationalité et sont durablement installés dans leur pays d’accueil, dans lequel ils constituent autant de ponts reliant le monde à la France.
Les récents propos contre la double-nationalité sont d’ailleurs particulièrement choquants et vont à rebours de l’Histoire et de la tradition française d’universalité. Au lieu de s’interroger sur l’attachement à la France des binationaux, nous devrions les considérer comme des ressources uniques et précieuses pour notre pays, qu’ils résident en France ou à l’étranger.
Dresser les Français de métropole contre ceux de l’étranger ne peut qu’être néfaste. Les Français établis hors de France, dans leur diversité, sont nos meilleurs atouts à l’international. A l’heure où l’on entend promouvoir une « équipe de France de l’export » et redynamiser notre « soft power », la mobilisation de nos forces vives à l’étranger doit constituer une priorité !
La lettre cosignée par sept sénateurs représentant les Français établis hors de France est consultable ici.
